News 2015

Daily Award Camera Raw (Italy)

 

Photographie primée ce vendredi 20 Novembre 2015 "Daily Award" par Camera Raw Photography Magazine (Italy)

 

Daily Award of November 19, 2015

 

 

 

Exposition Octobre 2015

 

"Intérieurs"

Un regard acéré sur une société disjonctée…

Si l’expression « être au volant » signifie souvent que nous sommes « maître à bord » aux commandes de notre vie, Pierre Leblanc nous montre que ce n’est pas toujours le cas.

Comme  dans l’arrière-cour d’un hôtel particulier ou les coulisses d’un théâtre, il nous offre avec sa série « Intérieurs », un point de vue sur ce qui échappe habituellement à notre regard. Qui n’a jamais rêvé de devenir invisible pour assister à des scènes qui nous sont interdites ?

L’habitacle des voitures est le décor qu’il utilise pour dépeindre  nos états les plus profonds.
Arrêtant le temps dans cet espace privé, « Intérieurs » nous dévoile tel un huis clos, l’intime des conducteurs et de leurs éventuels passagers, qu’il soit fait de beau, d’absurde ou d’horreur.

Neuve, d’occasion, louée ou  volée, la voiture - à notre image - nous transporte, comme le corps est le véhicule de nos âmes.
Cette œuvre systématique nous livre de l’humain dans tous ses états.

Attachez vos ceintures et bon voyage…

Audrey Pasquet

 

Exposition Octobre 2015

 

"Le banc"

... il ne fallait pas continuer comme cela, la tournure que prenaient les évènements n’était pas la bonne. Un long processus de destruction était amorcé, il devint incontrôlable et se propageait parmi nous à une vitesse fulgurante…et ce qui devait se produire se produisit, un éclair et puis plus rien.
Dépassés par les évènements, les hommes prirent peur, se protégeaient, se retranchaient, s’isolaient. Une résistance s’organisait, mais en vain.

Il nous reste « Le Banc », c’est à travers lui que se présenteront à vous les responsables de ce drame. Il nous reste un banc pour apprendre à renaître…doucement, lentement reconstruire l’obscénité de notre incohérence et laisser une trace.

L’art de Pierre Leblanc transcende nos perceptions, à travers cette série de scènes fugitives, cinématographiques, mais non par leur seule esthétique, parce qu’elles sont comme les images qui s’imprimeraient sur la rétine, entre deux clignements de l’œil, dans un monde que nous refuserions de voir. Si proche, si palpable.

Pierre Leblanc rappelle que l’art n’a pas pour vocation unique de distraire, au sens de l’amusement, mais qu’il peut aussi distraire en contraignant à détourner le regard de ce à quoi il s’est accoutumé et nous amener quelques fois par le rire vers ce qu’il n’ose pas questionner.  Le travail de ce photographe redonne pleinement au mot politique, son sens essentiel, l’acteur de la Cité est ici confronté à ce qui le façonne, l’annihile, ce qui l’engendre.

 

"The bench"

"It couldn’t go on like this. Things were turning for the worse. A long process of destruction had begun. It became uncontrollable, and spread like lightning… and what should have happened happened, a flash and then nothing. Overtaken by the events, men became afraid, entrenched themselves, isolated themselves. A resistance was organized, but in vain. What remains is ‘The Bench,’ which will tell you of those responsible for this tragedy. What remains is a bench, to learn to be reborn… to gently, slowly rebuild the obscenity of our incoherence and leave a trace behind."

Co-incidences Photographiques

 

La série "Intérieurs" à la Nuit de Projection "Co-incidences photographiques" à Roubaix

Une nuit de projection sur grand écran dédiée à la photographie contemporaine avec pour cadre, le jardin de la galerie Les Bains Révélateurs.

Dans une ambiance arty et conviviale vous seront présentées les séries photographiques de 100 auteurs et artistes de toute l'Europe.
Nouveau paysage, territoires de l'intime, photographie plasticienne...
votre regard sera confronté à la diversité des pratiques les plus contemporaines du médium photographique.

Publication Mai 2015

 

Publication avec interview dans le magazine d'Art Contemporain Artist Up (Mai 2015)

 

Dépassant le regard superficiel et fuyant de la société, Pierre Leblanc met en scène des images à la fois poignantes, drôles et théâtrales - faisant réagir tout en déstabilisant le spectateur.
Dans ses scénettes aux ambiances recherchées et élaborées, le photographe perfectionne l’esthétisme de l’image pas seulement pour séduire, mais incontestablement pour transmettre des signes, des messages de « tendresse et de solidarité ».
Selon ses propres mots : « L’art n’a pas pour vocation unique de distraire, au sens de l’amusement, mais il peut aussi distraire en contraignant à détourner le regard de ce à quoi il s’est accoutumé et nous amener quelques fois par le rire vers ce qu’il n’ose plus questionner ».
La photographie est pour Pierre Leblanc un moyen de parler de ces « maux » que la société n’accepte pas de voir.
C’est une histoire humaine qu’il raconte au travers son art. Une réflexion qu’il souhaite partager, pour réintroduire le plaisir des actions quotidiennes.
Toujours à la recherche de nouveaux lieux, Pierre Leblanc laisse libre cours à sa créativité. Ses séries « Le banc » et « Intérieurs » font et feront encore parler d’elles et du talent de leur créateur… !

"L'Oeil de la Photographie"

 

Publication de la série "Intérieurs" dans L'Oeil de la Photographie USA :

http://www.loeildelaphotographie.com

 

 

"Insides"

A sharp look on a cracked up society.

If the expression « to be driving » often means that we are “master on board”, having control on our lives, I show here that it’s not always the case. As in the backyard of a mansion or the backstage of a theater, I propose through this series a point of view on what escapes most of the time to our eyes. Who has never dreamed of being invisible to be able to see forbidden scenes?

Cars cockpits are the set I use to depict our deepest states. Stopping the time in this private space, “Insides” reveals us as behind closed doors, the intimacy of drivers and their possible passengers, either it is made out of nice, absurd or horror. New, second-hand, rented or stolen, the car- as a mirror-carries us as the body is the vehicle of our souls.

This systematic artwork delivers us human being in all its states.

Fasten your seatbelts and safe journey…(Audrey Pasquet)

Article de Denys-Louis Colaux

 

Un grand merci à Denys-Louis Colaux pour cet article :

http://denyslouiscolaux2.skynetblogs.be/archive/2015/03/23/pierre-leblan...

 

 

Technicien habile, rusé, virtuose, éclairagiste doué, champion de l’image qui exige un regard patient, vigilant et appuyé, Leblanc est un artiste singulier et fascinant. Humaniste, cynique, tendre, encoléré, observateur à la fois réceptif et intraitable, il est le spectateur lucide, inventif, critique de la vie ordinaire et de la tragédie domestique, le metteur en scène ingénieux, sensible et intelligent du drame existentiel. Venu du cinéma, il a le talent de rendre pénétrante une composition, de l’éclairer, d’en faire une scène dont l’immobilité aiguise, exacerbe l’acuité. Ces compositions ont un formidable pouvoir déclenchant. Elles requièrent un temps d’observation, elles sont indociles, elles ne cèdent pas à l’œillade ou à la flânerie, elles ne se laissent pas consommer sans livrer tout leur lait ou leur venin. Ces images-là, au propre, sont saisissantes, elles agrippent, elles accrochent, elles emboutissent même quelquefois.

Je suis touché et impressionné par le regard sans complaisance, intraitable, agressif parfois mais aussi ému et compatissant de l’artiste, touché par la qualité et la pertinence d’un regard. Le but ici n’est pas (seulement) de séduire mais d’impacter, secouer, déstabiliser, troubler, affecter. Le but est de trouer la membrane du regard superficiel et fuyant. Les photographies de Leblanc, lourdes de sens et de sentiments, sont  des occasions de duel, ou d’étreinte,  d’affrontement ou de complicité, des images qui engendrent des tensions, des réactions, qui sortent le regardeur de cette espèce de placidité flottante qui caractérise trop souvent le regard du touriste culturel. 

Certaines images ont une charge explosive, au propre comme au figuré, une puissante densité émotionnelle, beaucoup d’entre elles fonctionnent sur le principe d’un électrochoc visuel qui peut être violent, offensif, poétique, insolite. Le travail de Leblanc ne supporte pas l’indifférence, il séduit, alerte, gifle, joue un implacable rôle spéculaire.

Dans l’édification de sa comédie humaine, Leblanc culmine dans la conciliation cohérente des dimensions sociale et artistique. Cet équilibre est assez rare pour être désigné. Plus qu’un moraliste, Leblanc est un esthète inspiré qui invente le pamphlet visuel. Il éreinte et adresse des signes de solidarité, des messages de tendresse, il porte par l’image, d'une façon brutale et incisive, des idées nobles, il n’hésite pas à parsemer ses déclarations visuelles de bombes insolites et drôles et sur la scène de son objectif, tout le théâtre humain se joue, du sordide au drôle, en passant par l’ignoble ou le poignant. Tout advient dans des lieux confinés : un banc dans un petit square, une automobile ... Ces microcosmes (ces foyers, lieux ardents de l'âtre humain) sont non point des réductions du monde mais des métonymies : tout s'y joue, tout y a lieu du grand barnum humain, splendeurs et misères. Tout, avec une acuité, une efficace foudroyante, y est dit de l'être : le monstre, l'ange déchu, l'animal, la viande, la chair, le vertébré froid, l'affreux, le sale, le méchant, le guignol, le frisson, l'émouvant, le paumé, le bouleversant. L'oeuvre consiste aussi en une intransigeante radiographie de l'espèce. Elle est également exhaussée d'icônes bouleversantes, profondes, remuantes. Tout opère ici dans l'intense, dans l'ardent. La série des fauteuils habités (fauteuils roulants et leurs occupants), pour l'exemple, comporte des merveilles, des spécimens inhabituels et irrésistibles de la beauté humaine. 

La série des confrontations et des rapprochements (deux photographies en étage, série intitulée Histoires abîmées) crée de nouvelles formes d'électricité visuelle, des désorientations, des torsions, des malaises, des troubles, des désirs interprétatifs, une envie de légender, de dire, de réagir et de se positionner. Le pouvoir déclenchant de ce système est d'une redoutable efficacité. 

Magnifique découverte. Bienvenue dans l’univers de Pierre Leblanc : tensions, querelles, mélancolies, crises de nerfs, solitude, fièvres, désarrois, fuites, drames intimes, désespérances, merveilles, violences conjugales, déserts relationnels, hantises, passions clandestines, absurde quotidien, délires. Bienvenue chez vous. Bienvenue au sein d'une oeuvre qui remue, qui examine, qui aime et qui poursuit l'être jusque dans ses impasses. Voilà une oeuvre que je regarde comme originale, considérable et dérangeante, une oeuvre qui ne fait pas l'économie de l'insoutenable, une oeuvre que je considère indispensable et bienfaisante. Cet humanisme impitoyable m'est d'un grand secours. Tombé sur une terrible merveille, j'ai à cœur d'assurer un relais, j'ai à cœur de participer à son essor et à son rayonnement.

Vous n'aurez ici qu'un aperçu de l'oeuvre, dans des formats un peu exigus, je vous recommande à nouveau très vivement la visite des espaces du photographe.